Le lac noir

Au contraire de ce qu'elle connaissait, là tout resplendissait. Le fin gravier sur le fond ; les parois aux reflets dorés, la voûte majestueuse. De petites créatures, minuscules poissons aux couleurs vives, qui semblaient suspendues dans le vide tant l'eau était transparente, vinrent l'observer, curieuses de cet être inconnu qui faisait irruption dans leur monde puis reprirent leur nage rapide entre les piliers qui soutenaient la voûte. Elle se demanda brièvement comment elle était entrée, il n'y avait aucune ouverture visible dans celle-ci, ou dans les murs.
Ce qui l'entourait semblait avoir été taillé de main humaine. Qui avait pu le faire et en quelle époque reculée ? Elle renonça à comprendre, savoir n'avait aucune importance, et se laissa flotter, sans mouvements, ses cheveux déployés autour d'elle, comme des algues, oscillants doucement.
Que devait-elle faire ? Seuls les poissons bougeaient, aucune vision ne se manifestait, et rien pour lui faire comprendre si ce qu'elle offrait était accepté. Elle reposait à genoux, sur le sable doré, attendait, recueillie et humble. Il lui sembla qu'elle pourrait rester des heures à contempler cet endroit incroyable de perfection, absolument immobile et vide de visions.
Elle s'était attendue à une révélation, lui montrant le chemin choisi pour elle, et seule la transparence de l'eau répondait.
Quelque chose d'infime finit par entrer dans son champ de vision, troublant la pureté de cristal. Une petite tache vermeille flotta un instant devant ses yeux, si petite, si tenue, qu'elle douta de sa réalité l'instant d'après.
Par hauteclaire, Samedi 17 Novembre 2007 à 23:59 GMT+2 dans prologue (article, RSS)






