Le lac noir

L'obscurité la recouvrit. Sa conscience dériva, sans pensée cohérente. Elle avait cessé de souffrir, c'était suffisant, et bientôt sûrement le Feu sombre allait l'accueillir. Un grand calme l'avait envahie, elle se sentait en paix, détachée, puis une sensation de froid émergea, insistante, accompagnée d'une douleur. La douleur se précisa, prosaïque et banale après ce qu'elle venait d'endurer. Elle avait donc encore des sensations ? Un corps, des yeux ? Elle entrouvrit les paupières, incrédule, pour s'apercevoir qu'elle était allongée à même le sol de pierres d'une pièce éclairée par les rayons d'une lune à son zénith.
Les pierres étaient froides, dures, elle se mit à grelotter, nue et trempée. Réussissant à se redresser un peu, elle reconnut la pièce. Sa propre chambre, dans le palais de son père, sur Osgarth. Rien n'y avait changé depuis son départ, les objets qu'elle aimait étaient restés en place, attendant son retour.
Accrochés au mur, ses armes, l'épée courte et le fléau, surmontant le pisto laser à tir rapide. Sa cotte de mailles, soigneusement façonnée par le forgeron du palais, et entretenue avec amour. Le blason de sa famille, celui d'Osgarth. Une armoire massive, avec ses robes préférées qu'elle n'avait pas voulu emmener en exil chez un ennemi hais. Si elle avait su...
Son lit, large, disparaissait sous les couvertures de fourrure. Elle fut tentée de s'y précipiter pour se cacher, et tenter d'oublier ce qu'elle avait vécu, qui échappait à sa compréhension et l'emplissait d'épouvante, cette lumière, et la souffrance qui avait suivi.
Par hauteclaire, Mardi 20 Novembre 2007 à 00:24 GMT+2 dans prologue (article, RSS)







