Acelin et Opale

Deirdre ne faisait aucun bruit en marchant, mais le majordome en la suivant à pas pressés, rendus saccadés par l'agitation et l'indignation, martelait le
sol de ses pieds métalliques au lieu de le survoler harmonieusement, comme à l'ordinaire, et le bruit se rapprochait dangereusement de l'escalier du rez de chaussée.
Deirdre avait déjà prouvé qu'elle pouvait tout aussi bien monter directement, et s'asseoir sur le bord du lit à côté d'Opale, pour lui raconter son dernier voyage avec de nombreux détails, sans se préoccuper de la gêne de son cousin.
En fait, Acelin était ravi de leur complicité, car les deux femmes s'aimaient comme des sœurs. A l'arrivée d'Opale, Deirdre avait été férocement jalouse. Kara, à peine remise du mal qui avait failli l'emporter, en même temps que Mandiatis, s'était beaucoup occupée de la nouvelle venue, comme d'une quatrième fille. Deirdre qui avait veillé sa mère jusqu'à la limite des forces de l'adolescente qu'elle était alors, aurait voulu la garder pour elle seule, et avait considéré Opale en ennemie, ou en rivale. La nature passionnée des DeStellarys coulait dans ses veines comme un fleuve indompté, agitant des sentiments extrêmes, qui avait un temps fait craindre de lui voir emprunter les chemins ténébreux que son grand-père avait connu. Mais elle avait bon cœur, et voir Opale se débattre dans un monde totalement déroutant, paniquée par ce qu'elle découvrait, des pouvoirs qu'elle devait apprendre à maîtriser, et même par l'amour d'Acelin, l'avait émue.
Amitiés à toutes et tous,
Gigi, Mona, Elle
Par hauteclaire, Jeudi 6 Decembre 2007 à 08:39 GMT+2 dans première partie (article, RSS)






