Acelin et Opale

Deirdre, instinctivement, se rapprocha d'Acelin, portant la main à la garde de son épée.
-« Qu'est-ce que c'est ? » demanda t-elle, autant pour Acelin, que pour entendre le son de sa propre voix, dans un calme si absolu et si lourd qu'il semblait avoir un poids réel, pesant sur la planète comme une chape de plomb, engluant la nature autour d'eux.
Elle n'attendait pas vraiment de réponse, et n'en eut pas, Acelin tendant tout son être dans les flots du Sang.
A sa grande horreur, la source en semblait tarie, remplacée par un déferlement sombre. Ils levèrent tous deux la tête, alertés par un mouvement en hauteur. Le ciel d'hiver, jusque là limpide et léger, se teintait de rose, puis de rouge, s'obscurcissant rapidement.
L'air froid et cristallin se réchauffait, devenant poisseux. Puis le vent se leva, progressant comme au ralenti, balayant tout devant lui, vague irrésistible de puissance, dévastatrice, dans un silence mortel. Une nuit de fin du monde était tombée, d'un rouge terne et opaque. Acelin se mit à hurler :
-« Cours ! Il faut arriver à la maison pour s'abriter. La pierre de Mandiatis tiendra ».
-« Que ce passe t-il ? répondit Deirdre, sur le même ton, tout en connaissant la terrifiante réponse.
-« Une tempête de Sang. Cours ! ».
Les cheveux de Deirdre se hérissaient, tant sous l'effet de l'électricité qui se répandait en éclairs aveuglants, que d'une peur sans nom. Elle esquissa un pas pour retourner en arrière :
-« Je dois aider ma mère ».
Acelin lui prît le bras, lui broyant la chair, pour la pousser en avant.
Par hauteclaire, Jeudi 3 Janvier 2008 à 00:21 GMT+2 dans première partie (article, RSS)






