Acelin et Opale

-« Que ce passe t-il ? répondit Deirdre, sur le même ton, tout en connaissant la terrifiante réponse.
-« Une tempête de Sang. Cours ! ».
Les cheveux de Deirdre se hérissaient, tant sous l'effet de l'électricité qui se répandait en éclairs aveuglants, que d'une peur sans nom. Elle esquissa un pas pour retourner en arrière :
-« Je dois aider ma mère ».
Acelin lui prît le bras, lui broyant la chair, pour la pousser en avant.
Ils se mirent à courir de toute la vitesse de leurs jambes, poursuivis par l'avance d'un mur sanglant qui faisait ployer les arbres millénaires sous sa pression. L'air leur brûlait la gorge et les poumons, leurs yeux à moitié aveuglés versaient des larmes qu'ils ne sentaient pas, sitôt évaporées. Deirdre, à bout de souffle, comprit qu'elle n'y arriverait pas. Acelin, devant elle, semblait se mouvoir dans une eau visqueuse entravant ses mouvements. Du coin de l'œil, elle vit à sa droite l'arbre favori des enfants, cachant un creux où l'on pouvait tenir à plusieurs, bien à l'abri sous le sol, entre les racines. Elle essaya d'appeler :
-« Acelin ! »
Le coassement qui sortit de sa gorge ne franchit que quelques centimètres, réussissant malgré tout à attirer l'attention de son cousin, qui se retourna pour revenir vers elle. Malgré ses efforts, il ne put faire le moindre pas dans sa direction, et bascula en arrière. Dans son dos, elle sentait la poussée de l'onde de Sang qui allait l'emporter. Sans plus réfléchir, menée par le seul instinct de survie, Deirdre plongea la tête la première entre les racines familières, se recroquevillant sur elle-même, et perdit connaissance, alors que la vague passait au dessus d'elle dans un bruit de cataclysme.
Par hauteclaire, Samedi 5 Janvier 2008 à 09:12 GMT+2 dans première partie (article, RSS)






