Opale

La sensation avait été très dérangeante, incompréhensible, et apparemment elle avait été seule à l'éprouver.
Arrivée dans la pièce où l'attendait son déjeuner, elle vit qu'il avait été disposé avec le soin que Fasolt mettait en toute chose. Elle réprima un sourire en voyant la petite table dressée au millimètre près, et allait s'asseoir quand un léger bruit attira son attention, la poussant vers la fenêtre pour regarder au dehors.
Tout était parfaitement calme et serein. Au dessus des arbres, le ciel était teinté de rose. Il n'était pourtant plus si tôt, un reflet sans doute, se dit Opale, qui se détourna. Elle sursauta violemment en découvrant la silhouette qui lui faisait face.
Deirdre était entrée sans qu'elle l'entende, et la fixait d'un regard pénétrant. Son visage n'était pas illuminé de son sourire habituel, et elle ne disait pas un mot, elle qui d'ordinaire ne pouvait rester silencieuse plus de trois minutes.
-« Deirdre ! Tu m'as fait une de ces peur. »
A ces mots, une lueur étrange traversa les yeux de Deirdre, aussitôt éteinte,
Alors qu'elle s'animait, lui disant joyeusement :
-« Désolée ma chérie, je ne voulais pas t'effrayer ».
-« Ma chérie ! » s ‘esclaffa Opale,
-« C ‘est bien la première fois que... ».
Elle s'interrompit brusquement, quelque chose venait de traverser son esprit, trop ténu pour être saisi. L'impression disparut comme elle était venue, sans laisser de traces.
-« Oui ? » interrogea Deirdre , expectative.
Par hauteclaire, Mardi 8 Janvier 2008 à 23:57 GMT+2 dans première partie (article, RSS)






