Borée; la planète des glaces

Le froid lui donnait envie de dormir, c'était si loin, si long, ses pieds étaient si douloureux qu'elle aurait voulu pouvoir s'allonger à même le sol, dans le tapis blanc, ramenant son manteau sur son corps, certaine de pouvoir s'assoupir enfin. Mais Ygræme, la main serrée sur son bras, ne la laissait pas s'arrêter, ni même ralentir, la rattrapant lorsqu'elle trébuchait
Les silhouettes disparurent soudain, comme avalées par le néant. Faisant encore quelques pas, elles se trouvèrent devant une brèche qui s'ouvrait comme une blessure dans la paroi de pierres. Malgré son hésitation, Ygræme la poussa en avant, lui faisant franchir l'ouverture. Elles étaient entrées dans un endroit qui lui rappela celui où elle vivait, près du lac, un endroit clos, sécurisant, où il n'y avait pas à avoir peur. Là s'arrêtait la ressemblance, ici les parois étaient blanches, la lumière bleutée.
Il fallait encore progresser le long de passages tortueux, au moins faisait-il moins froid, et c'était si beau ! Les parois s'élançaient à une grande hauteur, des arabesques bleues s'entrelaçant en motifs compliqués sur le fond clair. Des pointes de roche montaient ou descendaient, fines et aiguës. Puis une caverne s'ouvrit devant ses yeux. Par réflexe, elle chercha des yeux le lac et ses eaux noires.
Une chose curieuse se trouvait là, une sorte de grand coffre, tout en longueur, fermé par un couvercle d'un matériau transparent, entouré de quelques appareils qu'elle ne comprit pas. Elle leva le regard vers Ygræme, mais celle ci fixait intensément ce qui se déroulait à ce moment. Avec une répugnance inexplicable, elle regarda à son tour. Ygræme ne la laissait pas se détourner, pourtant elle ne voulait pas voir, pas savoir.
Par hauteclaire, Samedi 23 Fevrier 2008 à 09:35 GMT+2 dans première partie (article, RSS)






