Borée, la planètes des glaces

Elle avait l'air de dormir, les yeux clos, les traits détendus, enveloppée dans son manteau orangé. Ses mains étaient croisées sur sa poitrine, geste ultime de défense, pourtant elle ne semblait pas avoir souffert. Sa peau était devenue comme translucide, avait bleui. Elle paraissait paisible, calme et sereine.
-« Ygræme, quelle tristesse ! »
-« N'oublie pas ce que je t'ai dit. Cette femme a voulu défier la puissance du Feu sombre, et devait être punie pour ce forfait ».
-« Elle a l'air de dormir ? »
-« Elle est en hibernation. Ce n'est ni le sommeil, ni la mort. C'est un châtiment terrible. Le maître l'a su, et dans sa grande générosité, a demandé qu'il soit mis fin à ses souffrances. Il a intercédé auprès de ces gens, qui ont refusé, car c'est une de leurs princesses, et elle doit servir d'exemple. Pour cette raison il nous envoie, et c'est aussi pour cette raison que nous devons rester invisibles. »
-« Que veut-il que nous fassions ? »
-« Il faut arrêter l'appareil qui la maintient en survie, afin qu'elle puisse mourir.
Tu dois le faire, tu dois avoir pitié de cette malheureuse, comme le maître a eu pitié d'elle ».
-« Moi ! Jamais je ne pourrais ».
Accablée, elle cessa de regarder Ygræme pour revenir au visage fin, aux longs cheveux bruns qui déroulaient leurs boucles, enveloppant le cou mince.
-« Fais le toi, moi je ne peux pas ».
-« C'est toi que le maître a désignée. D'ailleurs je ne peux rien faire en ce lieu. Vois ».
Ygræme étendit la main vers le mécanisme qui flanquait le caisson, ses doigts passèrent au travers sans montrer de résistance, disparaissant un instant dans le métal, pour en ressortir, intacts.
Par hauteclaire, Lundi 24 Mars 2008 à 18:18 GMT+2 dans première partie (article, RSS)






