Acelin et Deirdre: la forêt de Mandiatis

Il se mit en marche, sous l’action de sa volonté un chemin s’ouvrant devant lui dans la végétation, permettant une avance plus aisée. Après plusieurs minutes ainsi, Acelin s’arrêta à nouveau. Autour d’eux la forêt se faisait jungle, dédale inextricable de troncs, de liane et de ronces, où seul le chant du m’wuyir rompait un silence pesant.
-« Je suis perdu » avoua Acelin,
-« Je ne retrouve rien de familier, et ma vue est loin de s’améliorer ».
-« Tu n’en avais pas besoin, avant » dit doucement Deirdre,
-« Essayons de voir par le Sang ».
-« Il ne m’aide pas non plus » répondit Acelin,
-« Je n’arrive plus à le contrôler suffisamment, et je ne veux pas créer une autre tempête, même mineure ».
-« Continuons à chercher » hasarda Deirdre,
-« Nous devons sortir de cette jungle et trouver de l’aide. Tous les habitants doivent être dans la même situation, il faut les rejoindre. Avançons ».
Ils marchèrent en silence pendant un long moment, peut-être des heures, le temps ayant perdu toute signification, sans rencontrer âme qui vive et sans que la forêt paraisse avoir un début ou une fin. La nuit tomba brusquement, ajoutant à leur désarroi, leur faisant comprendre à quel point ces quinze années de vie sur une planète stable avait émoussé leur perception du Sang, les réflexes permettant d’y vivre et sans doute leur compréhension de l’énergie elle même.
-« Qu’allons nous faire ? » demanda Deirdre.
-« Continuons encore un peu » répondit Acelin,
-« Si nous ne trouvons personne, nous essaierons de nous reposer durant quelques heures, puis coûte que coûte nous devrons invoquer le Sang. Il est impossible de vivre sans lui, alors que Mandiatis est tout entière sous sa domination ».
Par hauteclaire, Mercredi 21 Mai 2008 à 17:57 GMT+2 dans première partie (article, RSS)






