Acelin et Deirdre: la forêt de Mandiatis
– Où est notre famille Acelin ? interrogea encore Deirdre, dans un souffle.
– Je l’ignore. A leur place je ne vois plus que silence et ombre dit-il, avant d’ajouter très vite :
– Mes perceptions sont extrêmement diminuées avec ce choc. J’ai le sentiments d’avoir été inconscient pendant des siècles .
– Moi aussi reprit la jeune femme,
– Des heures, des jours. C’est impossible ! .
– Qui sait ce qui est impossible au Sang fit lentement Acelin.
– J’ai peur avoua Deirdre.
Acelin, le cœur serré, dans un geste instinctif de protection, entoura ses épaules de son bras. Entendre sa cousine, forte et courageuse, parler ainsi, montrait bien l’ étendue des dangers aussi imprécis que réels, auxquels ils étaient confrontés, sur une planète qui les avait vus naître, et qui leur était devenue étrangère.
Il tenta de l’encourager et de se persuader lui même :
– Nous sommes vivants et ensembles, c’est déjà beaucoup .
Sa voix sonna faux à ses propres oreilles, malgré l’assurance affichée, pourtant Deirdre hocha la tête avec un petit sourire reconnaissant.
Leur marche reprit, déambulation au hasard, épuisante, décevante. Deirdre voyait la fatigue la gagner inexorablement, elle qui pouvait courir des heures entières, se sentait vidée de ses forces, quant à Acelin, il s’altérait à chaque seconde. Ses traits étaient tirés, son teint habituellement hâlé avait blêmi, son pas se faisait traînant et elle dut l’aider plus d’une fois, alors qu’il trébuchait sur des racines à demi enfouies.
– Je n’en peux plus finit –il par dire,
– Il faut que je m’arrête. Le Sang est en train de me quitter .
Par hauteclaire, Mercredi 28 Mai 2008 à 08:45 GMT+2 dans première partie (article, RSS)






