Jeudi 10 Janvier 2008
comics movie
Par hauteclaire, Jeudi 10 Janvier 2008 à 08:44 GMT+2 dans première partie
Jeudi 10 Janvier 2008
Par hauteclaire, Jeudi 10 Janvier 2008 à 08:44 GMT+2 dans première partie
Dimanche 13 Janvier 2008
Par hauteclaire, Dimanche 13 Janvier 2008 à 07:56 GMT+2 dans première partie

Dehors l'air était frais, pur et piquant à respirer, aucun bruit ne se faisait entendre. L'oiseau avait fini son récital et vaquait sans doute plus loin à ses occupations. Le ciel était encore rose, c'était curieux. Les restes d'une aurore boréale peut-être ? Mandiatis demeurait une planète à part, où le Sang suscitait des phénomènes plus étonnants que partout ailleurs, et ses aurores étaient des merveilles de nuances roses et vertes, illuminant le firmament de jour comme de nuit.
Les deux femmes s'engagèrent dans le sous bois, Deirdre marchait vite, le visage préoccupé, Opale la voyant ainsi préféra se taire. Quand son amie voudrait se confier, elle le ferai, inutile de lui poser des questions inutiles.
Elles arrivèrent rapidement dans la grande clairière, large trouée offrant une halte bienvenue au milieu des arbres serrés. Un petit vaisseau s'y était posé, trapu et robuste, d'une couleur tirant sur un vert grisé de camouflage. Un blason était apposé sur un flanc, luisant doucement dans la pénombre, celui d'Osgarth. Opale sentit la colère monter, ils avaient osé venir en cachette. Tous les voyageurs étaient accueillis sur Mandiatis, sans réserve, et ils essayaient d'en profiter. Elle s'arrêta net, se concentra pour ressentir ce qui se trouvait là. Comme lors de sa première rencontre avec les représentants, le Sang resta muet. Deirdre, dans son dos, murmura doucement :
-« Allons voir ».
Mardi 15 Janvier 2008
Par hauteclaire, Mardi 15 Janvier 2008 à 08:04 GMT+2 dans première partie

-« Il vaudrait mieux prévenir Acelin et Kara. Il faut qu'ils sachent que ces gens sont revenus en cachette ! ».
-« Un si petit vaisseau, ils ne doivent pas être bien nombreux. Et même s'ils le sont, nous allons leur faire passer l'envie de rester ! »
Le discours était peut-être présomptueux, mais pas faux. Les deux femmes s'approchèrent d'un pas décidé de l'appareil. Des feuilles mortes craquant sous leurs pieds signalèrent leur présence, pourtant rien ni personne ne se montra. Les passagers avaient du sortir, s'aventurer dans la forêt, laissant leur navette sans surveillance. Opale regarda autour d'elle, essayant de pénétrer l'ombre de la frondaison, et de ressentir la présence des pilotes. Tout était beaucoup trop calme, ils devaient les observer, soigneusement cachés.
-« La porte est restée ouverte » chuchota Deirdre,
-« Entrons, nous trouverons le journal de bord. Il sera facile de savoir quels sont leur plan ».
-« Je ne sais pas » répondit Opale,
-« Je n'arrive pas à définir... »
-« Tu fais comme tu veux » coupa Deirdre,
-« Moi, j'y vais. Tu vois bien qu'il n'y a personne ».
Et sans s'occuper davantage d'Opale, elle gravit les trois petits échelons, et disparut dans l'ouverture béante. Opale soupira, c'était bien dans la manière de Deirdre, aucune patience et toujours en mouvement.
Jeudi 17 Janvier 2008
Par hauteclaire, Jeudi 17 Janvier 2008 à 00:20 GMT+2 dans première partie

Après une dernière hésitation, elle pénétra à son tour dans le vaisseau.
Il était à peu près complètement plongé dans l'obscurité. Rien à voir avec les bâtiments de Mandiatis, spacieux, et baignés de la lumière des matériaux du Sang.
Ses yeux s'accoutumant, elle perçut néanmoins une lueur devant elle, le poste de pilotage devait être juste là. L'appareil était si petit qu'il ne pouvait transporter que deux ou trois occupants, pas plus. Elle appela doucement :
-« Deirdre ».
-« Par là » lui répondit la voix étouffée de son amie,
-« Viens, j'ai trouvé leur journal de bord ».
Opale se dirigea vers l'avant, traversant la coursive en quelques pas. La porte du poste de pilotage, poussé par Deirdre, s'ouvrit en grand pour la laisser entrer. La lumière du dehors éclairait l'endroit, juste assez grand pour qu'elle puisse s'y faufiler à la suite de Deirdre. Regardant autour d'elle, Opale vit deux fauteuils devant les écrans de contrôle, une seule barre de direction. Tout paraissait très simple à première vue, et pourtant il était évident que la navette bénéficiait des techniques les plus raffinées dans sa conception. Opale repéra même plusieurs cadrans dont la fonction lui échappa totalement, hors, au contact de Deirdre, elle avait appris aussi à piloter, devenant de l'avis de tous, excellente en ce domaine
Samedi 19 Janvier 2008
Par hauteclaire, Samedi 19 Janvier 2008 à 06:47 GMT+2 dans première partie

Qui pouvait bien se servir du vaisseau, et pourquoi un tel luxe d'améliorations pour se dissimuler ? La constatation était plus qu'inquiétante.
Deirdre, pendant ce temps, était penchée sur le tableau de bord, l'air affairé. Opale ouvrait la bouche pour lui parler, quand elle vit les écrans s'illuminer, et entendit les moteurs ronronner. Deirdre avait mis en route !
-« Deirdre, arrête ! Tu vas donner l'alarme » s'exclama Opale.
-« Il faut les attendre sans bruit, si nous voulons les surprendre »
Elle ne pouvait comprendre la conduite incohérente de son amie, pourtant habituée à la voir se jeter dans l'action sans prendre le temps de la réflexion. Elle passait les bornes !
-« Que fais tu ? Maintenant ça suffit. Allons prévenir Acelin et ta mère ».
Opale commença de tendre sa pensée vers son époux, afin de lui faire ressentir le danger qu'elle sentait proche. Il lui avait expliqué que jadis les esprits de son grand père et de Lil Alba étaient étroitement liées, leur faisant partager des sensations qui leur étaient propres. Depuis leur mariage, ils avaient appris à développer cet aspect du Sang, tout en sachant qu'il leur restait encore beaucoup à apprendre. Mais avant qu'elle n'ait pu atteindre Acelin, Deirdre, sans répondre, d'un petit geste, lui fit signe de la rejoindre.
-« Regarde » lui dit-elle, en montrant l'écran.
Opale vint près d'elle. Sur l'écran désigné une route était à présent affichée clairement. Elle reliait Mandiatis à ...Elle se pencha pour mieux voir ce que reliait cette carte d'un bord de la galaxie à l'autre. C'était...
Le coup violent asséné à la tempe lui fit perdre instantanément conscience. Passé et présent se mêlèrent dans son esprit, puis se fut un puits sans fond d'obscurité et d'oubli.
Lundi 21 Janvier 2008
Par hauteclaire, Lundi 21 Janvier 2008 à 08:44 GMT+2 dans première partie

Deirdre reprit graduellement conscience, se demandant où elle était et pourquoi il faisait nuit. Cette odeur de terre...Elle se sentait mal, tout son corps était endolori. S'était elle battue à ce point ? Quand la dizaine de mercenaires qui voulaient lui voler son vaisseau l'avait attaquée sur Agerel, elle les avait facilement mis en déroute, sans avoir après cette impression de meurtrissure. C'était dans ces circonstances qu'elle avait fait la connaissance de la châtelaine Isobel, ravie d'être débarrassée de ces brigands qui empoisonnaient la vie de la planète tout entière. Deirdre se secoua, sentant le sommeil la gagner. Il fallait réagir, elle ne pouvait rester ainsi allongée sur le sol indéfiniment. Elle se redressa brusquement, heurtant un plafond de la tête. C'est alors que la mémoire lui revint.
La tempête de Sang, elle était passée et l'avait laissée vivante. Tout était calme, il n'y avait plus ce bruit terrible, à peine un très lointain grondement sourd, qui s'évanouissait doucement. Les oiseaux se mirent à chanter, des branches craquèrent et un petit insecte courut sur le dos de sa main. Elle sursauta, et l'agita nerveusement, faisait tomber la bestiole. Acelin, ou était Acelin ? Les dernières brumes de l'inconscience se dissipèrent et Deirdre sentit la morsure de la peur. Il faisait si sombre. Elle avança péniblement à quatre pattes pour s'extraire de l'abri des racines, émergeant au ras du sol, restant un instant aux aguets, sans se relever.
Comme elle en avait eu l'impression, il faisait nuit. Non, c'était inexact, au dessus des arbres le ciel était clair, mais sa limpidité bleue était remplacée par une lumière diffuse, opalescente, d'un vert délicat. Le ciel de son enfance ! Impossible. Quels effets avait donc eu la tempête ?
Mercredi 23 Janvier 2008
Par hauteclaire, Mercredi 23 Janvier 2008 à 00:22 GMT+2 dans première partie
Acelin, il fallait avant toute chose retrouver son cousin. Quand elle avait plongé sous les racines pour se mettre à l'abri, il n'était qu'à peu de distance. Maintenant elle se sentait honteuse de l'avoir laissé, de n'avoir pas essayé de le rejoindre pour l'entraîner avec elle. Pourtant force était d ‘admettre qu'elle n'aurait sûrement pas réussi. Acelin, lui même, avec tout son pouvoir, n'avait rien pu faire pour endiguer le phénomène.
Au souvenir de la lame de Sang, elle frissonna, essayant de s'empêcher de trop penser à sa mère et à ses sœurs, prise de l'envie irrépressible de se mettre à courir dans la direction de sa maison. Elle sentait confusément que Acelin pourrait l'aider, et qu'elle devait tout faire pour le retrouver. Elle regarda autour d'elle, l'esprit embrouillé, sans arriver à réellement coordonner ses pensées. La forêt paraissait bien plus dense, l'arbre qui l'avait sauvée bien plus jeune et fort, comme tous les autres. Ils dressaient leurs cimes à une hauteur vertigineuse, couronnant leurs troncs lisses d'un feuillage épais qui jetait une ombre profonde sur le sol.
Sa tête lui faisait mal, ce qu'elle voyait devait être une illusion, le résultat de son évanouissement. Deirdre fit quelques pas hésitants, ne sachant où chercher. Le chemin si bien entretenu et dégagé avait pratiquement disparu, réduit à une ligne en creux, serpentant entre buissons et fourrés. Elle posa la main sur la garde de son épée, pour se rassurer et fit le vide dans ses perceptions, ramenant le calme pour s'ouvrir au Sang. Elle chancela sous le choc de la puissance qui affluait, primitive et violente
Samedi 26 Janvier 2008
Par hauteclaire, Samedi 26 Janvier 2008 à 08:32 GMT+2 dans première partie

Au même moment le paysage sembla se redessiner, transformant les contours de ce qui l'entourait, en une danse démente. Les arbres se mirent à vibrer, la sente devant ses pieds se tordit comme un animal vivant, pour se démultiplier, menant à des dizaines de directions à la fois. Deirdre se sentit prise d'un vertige irrépressible, au bord de la nausée. Malgré tout, de vieux réflexes vinrent à son secours, et le Sang monta dans son être, voilant sa vue de rouge un instant, sous l'effort de volonté qu'elle lui imposa pour le maîtriser. La nature environnante se calma, retrouvant une réalité plus stable.
Cet effort, Deirdre ne l'avait plus fourni depuis longtemps, depuis exactement quinze ans, quand Mandiatis avait émergé du secret de Drylah, devenant un système parmi d'autres.
Qu'avait donc fait la tempête ? Deirdre avait peur de se l'avouer, Mandiatis était retournée à son état antérieur, celui où rien n'était permanent, la couleur du ciel en témoignait. Elle n'avait plus vu ce vert luminescent nulle part, malgré la quantité de mondes parcourus.
Il y avait pourtant une différence avec la terre de sa jeunesse, le Sang était bien plus chaotique et difficile à contrôler. Son grand père, puis Kara, l'avaient discipliné, contraignant le monde caché de Drylah à obéir à leurs volontés. Les images de ce qui s'était passé lors de l'inconscience de sa mère, victime des attaques du Feu sombre invoqué par Dariam, remontèrent, terrifiantes, à tout jamais gravées dans sa mémoire, et ce qui l'entourait était bien plus fort.
Mardi 29 Janvier 2008
Par hauteclaire, Mardi 29 Janvier 2008 à 00:16 GMT+2 dans première partie

Il fallait absolument réagir, s'armant de courage, Deirdre avança de quelques pas, et risqua un appel :
-« Acelin, où es-tu ? ».
Le chant de l'oiseau M'wuiyr cessa un instant, dans un silence expectatif, puis reprit comme si de rien n'était. Aucun signe de la présence d'Acelin. Tant bien que mal, Deirdre poursuivit sa progression dans ce qui lui semblait un jeu d'ombres, ne sachant pas si le pied qu'elle levait allait se poser sur le sentier, dans une ronce, ou bien loin de là, à l'autre bout de la planète. Jadis, la forêt d'Arwy était le seul endroit réellement stable, état qui lui paraissait bien oublié, Deirdre réalisant que ses pouvoirs étaient loin de suffire pour affronter ce monde directement issu du Feu primitif. Seul son grand père l'avait soumis dans une certaine mesure, préparant ainsi la voie pour ses descendants. Il devait détenir un pouvoir effarant ! Elle se sentait paralysée, ne sachant plus comment agir, quand un petit gémissement la tira de son immobilité.
Oubliant toute prudence, elle fit un bond en avant. Un grand taillis apparut brusquement, là où quelques secondes auparavant il n'y avait que le sentier. Elle écarta fébrilement mes branches épineuses, s'écorchant les doigts au passage, ayant à peine conscience des gouttes de sang qui perlaient, qu'elle lécha en un geste réflexe. Ce qu'elle avait entendu venait de plus loin. Le taillis ondula sous ses yeux, devenant un bosquet au milieu duquel une clairière s'ouvrait.
Jeudi 31 Janvier 2008
Par hauteclaire, Jeudi 31 Janvier 2008 à 00:06 GMT+2 dans première partie

Deirdre réalisa qu'elle devait absolument dominer les soubresauts du Sang si elle voulait survivre et retrouver Acelin. Elle était une DeStellarys, songea t-elle avec fierté, une parcelle du Feu fondateur coulait dans ses veines, le Sang devrait obéir.
Affirmer ainsi sa volonté l'aida pour surmonter la difficulté éprouvée à se concentrer, comme la peur sournoise qui rampait dans un coin de son cerveau, prête à la dominer. La nature cessa sa ronde désordonnée, et Deirdre put se rapprocher de la lisière des arbres , traversant la clairière où poussait une herbe si haute qu'elle montait jusqu'à sa taille, faisant disparaître ses jambes, et lui interdisant de voir où elle posait ses pieds.
Des glissements se firent entendre qui hérissèrent ses cheveux sur sa nuque. Elle avait connu une Mandiatis où peu d'animaux vivaient, mais à en croire les anciens de la planète, il n'en avait pas toujours été ainsi, et elle avait entendu bien des histoires où il était question de créatures d'autant plus dangereuses, qu'on ne les voyait pas, à l'instar de l'oiseau M'wuiyr. Ces contes avaient nourri ses peurs d'enfants, et faisaient sourire sa mère, avant de sombrer dans l'oubli de l'âge adulte. Ils ressurgissaient, accélérant les battements de son cœur, la poussant à tenter d'avancer plus rapidement dans la masse végétale, sans réel succès.
Heureusement rien ne vint l'attaquer, et elle se retrouva de nouveau entourée par les arbres géants. Un coup d'œil par dessus son épaule, donné malgré elle, confirma ses craintes. L'étendue herbeuse s'était volatilisée, laissant la place à un marécage d'aspect peu engageant, à l'eau saumâtre, agitée de remous indiquant la présences d'êtres invisibles, mais cette fois bien réels.
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