l' anneau-et-la-glace

Mandiatis

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 Hésitante, Deirdre reprit sa marche. Que lui arrivait-il ? Elle avait traversé la moitié de la galaxie, visité bien des mondes, pas toujours très accueillants, sans ressentir cette peur primaire qui annihilait sa volonté. Elle ne reconnaissait pas cette Mandiatis, sauvage et dangereuse, proche du chaos. Etait-ce la terre que ses grand parents avaient découvert à leur arrivée ? D'après Zyrieh, Lil Alba n'avait jamais éprouvé de peur, et y élever des enfants ne lui avait pas semblé si difficile.

Deirdre avança lentement dans la pénombre et appela de nouveau :
-« Acelin, où es tu ? ».

Un son inarticulé lui parvint, puis la voix de son cousin, à peine audible et rauque :
-« Ici, viens m'aider ». 

                                                             **********************

                                                           
La jeune femme cligna des paupières, complètement éblouie. Ses yeux n'étaient plus que douleur, comme sa tête. Elle se sentait mal, affreusement mal, et complètement désorientée. Elle se força à rouvrir les yeux en dépit de la souffrance, et fut transpercée par la lumière blanche, aveuglante. Elle réussit à regarder autour d'elle malgré tout, que faisait-elle là ? A perte de vue, tout était blanc, une immensité blanche, faite de vagues immobiles, gigantesques, d'une couleur qu'elle n'avait jamais vue que sur ses propres vêtements. Et au dessus, une étendue à peine différente, limpide, comme l'eau qu'on lui donnait à boire, mais avec une tâche au milieu, qui ressemblait aux torches qui l'éclairaient. Cette torche ne dansait pas, elle restait immuable, ronde, se déplaçant lentement sur le fond bleu gris .

 

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Borée:la planète de glace

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L'air était glacial, elle se sentait malade de froid, et qu'étaient ces petites boules duveteuses qui tombaient en masse compacte, si jolies, qui disparaissaient sitôt posées sur ses doigts? Où était elle ? Où était le lac, son lac, les parois sombres, les murs de son monde. Le maître avait raison, loin de l'eau noire, il n'y avait que le chaos, et ce qu'elle avait devant elle ne devait pas vraiment exister, ce devait être un rêve, comme ceux qu'elle faisait parfois, inspirés par le lac et le Feu sombre. Ceux où elle voyait des gens qui l'entouraient, une femme qui l'embrassait tendrement. Un homme déjà âgé, vêtu de noir, comme les disciples du maître et le maître lui même, appuyé sur un bâton. Elle ne le voyait que de loin, une image que lui montrait la femme, qui lui disait :

-« Ton aïeul ».

Qu'est ce que cela voulait dire ? Elle avait demandé au maître, il s'était contenté de sourire, en caressant gentiment ses cheveux. Elle n'avait jamais compris, il y avait tellement de choses que le lac lui montrait, ce n'étaient que des mirages.

C'était si confus, et sa tête lui faisait si mal. Seule la caverne était réelle, elle voulait y retourner, se sentir en sécurité. Le visage d'un jeune homme traversa son esprit. Ce n'était pas un serviteur du lac, elle en était sure. Il était si beau, avec ses épais cheveux bruns, et ses yeux d'un bleu profond qui la regardaient avec une infinie tendresse. Elle ne fit que l'entrevoir, le visage s'évanouit aussitôt, lui laissant une impression fugace de souffrance aiguë. L'instant d'après, elle se demandait ce qui l'avait fait souffrir ainsi, elle ne se souvenait plus.

 

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Borée:la planète de glace

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 Cela ne devait pas être important. Un mouvement près d'elle attira son attention, une silhouette se tenait à ses côtés. Allait elle disparaître aussi ? Avec un soupir de soulagement elle reconnut la longue robe noire à capuche, barrée du trait de l'épée des serviteurs du lac. La forme approchait, rendue un peu indistincte par la poussière froide qui tombait. Quand elle fut toute proche, des mains se levèrent, élégantes et déliées, retirant la capuche  qui couvrait la tête. Avec joie elle vit Ygræme, celle qui s'occupait d'elle le plus souvent, lui apportant repas et vêtements, lui parlant toujours avec gentillesse, écoutant avec patience et intérêt ce qu'elle pensait avoir vu dans les eaux sombres. Elle sentit quelques larmes rouler sur ses joues tant elle était heureuse de voir le visage triangulaire, aux yeux noirs en amande.
-« Ygræme, que se passe t-il ? Où sommes nous ? J'ai peur ».
Celle ci lui sourit calmement, passant ses doigts sur des cheveux aussi noirs que les yeux, pour en ôter un peu de blanc.
-« Ne t'inquiète pas. Le lac, le Feu sombre, voulait te mettre à l'épreuve. Il veut que tu fasses quelque chose pour lui ».
-« Quelque chose pour lui ? Quoi ? Il sait bien que je le sert, que je suis à lui depuis que je vis.
Je ne comprends pas »  ajouta t-elle, désolée.
-« Viens »  lui dit Ygræme,
-« Je vais te montrer ».
Elle portait sur son bras un lourd manteau du même noir que le sien, et l'en enveloppa avec soin. Le vêtement était chaud, elle se sentit un peu mieux. Elle regarda sa compagne qui lui souriait toujours, ses lèvres rouges entrouvertes sur les dents blanches.

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Borée: la planète des glaces

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Elles se mirent en marche, leurs pieds s'enfonçant dans le sol immaculé et meuble. Quel monde était-ce là ? Que voulait le Feu sombre ? Elle cessa bientôt d'essayer de comprendre, et même de penser d'une façon cohérente en suivant Ygræme, avançant derrière elle de façon mécanique.

Une masse imposante se dessina finalement devant elles , à peine visible, tant la blancheur froide s'était mise à tomber en flots épais, virevoltant en tout sens. Elles se rapprochèrent, la chose se précisant, prenant des contours, une consistance, un aspect bien réel. Elle n'avait jamais rien vu d'aussi beau, et faillit fondre en larmes. Des murs aussi blancs que le paysage, faits d'une pierre translucide, veinée ça et là d'un trait délicat de bleu ou d'argent. Ces murs s'élançaient vers le ciel, finissant en flèches gracieuses et aériennes, ouvragées aussi subtilement que son siège, là bas, près du lac.

De vastes ouvertures perçaient les murs, faites d'un cristal transparent et brillant, malgré la lumière mate.
 Une porte était ouverte, taillée dans  la  même pierre opalescente que les fenêtres, arrondissant une ogive délicate au dessus de leurs têtes. Elle la franchit à la suite d'Ygræme, et toute deux se retrouvèrent à l'intérieur, enfin à l'abri. Elles étaient dans un endroit aux vastes proportions, marchant sur un sol d'un blanc subtilement changeant. Des colonnes à droite et à gauche, finement sculptées , un escalier dans le fond de cette entrée monumentale, faisant face à la porte, menant à plusieurs étages que l'on pouvait deviner.
Ygræme marchait d'un pas sur, contournant l'escalier sans le gravir. Elles étaient seules, et malgré la beauté de lieux une ambiance d'intense désespérance y régnait.

 

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Un murmure de voix lui parvint, s'intensifiant à mesure qu'elles avançaient. Ygræme la précéda dans une pièce plus petite, où la pierre immaculée bâtissant le château, était réchauffée de tentures aux couleurs vives, drapant des pans entiers de murs . Une assemblée se trouvait là, parlant à voix basse. Elle remarqua d'abord cinq ou six hommes âgés , se tenant à l'écart, l'air accablé, baissant la tête.

Ils devaient s'apprêter à sortir car ils étaient habillés de vêtements chauds et épais, recouverts de longs manteaux aux riches broderies, doublés d'une fourrure brun-roux. Leurs cheveux et leurs longues barbes gris leur conféraient un air noble et sage, malgré l'expression triste de leurs visages.

Au centre de la pièce, un groupe d'hommes et de femmes, de mises plus simples, entouraient plusieurs personnes. Des serviteurs sans doute. Les femmes pleuraient, et les hommes semblaient tout aussi sombres, fixant le sol ou les tentures sans les voir, retenant leurs larmes.

-«  Ygræme, pourquoi ne sont -ils pas étonnés de notre présence ? »

-« Ils ne peuvent pas nous voir. Regarde bien maintenant ».

Un mouvement du groupe lui révéla le cœur de cette peine. Une femme se trouvait là, grande, très mince et d'allure fière. Une autre plus âgée la serrait dans ses bras, le visage ravagé de chagrin. Ses traits, de loin, demeuraient imprécis, mais sa remarquable chevelure brune, retombant jusqu'à sa ceinture incrustée de pierreries se détachait sur la robe orangée qui frôlait le sol en mouvement souples. Elle restait digne, malgré un désarroi évident, se retournant vers un homme imposant le respect.

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 A son tour il la prit contre sa poitrine, se mettant à pleurer sans retenue alors qu'elle posait sa tête contre son épaule. Ils interrogea les vieillards du regard, avec un brève lueur d'espoir dans ses yeux clairs, qui disparu alors qu'un geste de dénégation navré lui répondit. L'un d'entre eux se détacha, et vint vers la femme, posant doucement ses mains sur ses épaules.  A ce contact elle se redressa, son dos se raidit, et elle se retourna, les traits durcis. Celui qui l'instant d'avant l'avait serrée contre lui, la lâcha, comme elle s'écartait, laissant retomber ses bras le long de son corps.

Une suivante s'approcha, apportant une houppelande, l'aidant à l'enfiler et à la fermer, puis se couvrit le visage de ses mains, versant des larmes amères. Sa maîtresse lui caressa la joue de ses longs doigts, déposa un baiser sur son front, et marcha d'un pas ferme vers les hommes âgés qui l'attendaient, la tête haute.

Ils s'inclinèrent devant elle, l'entourèrent, et tous se mirent en marche, venant vers Ygræme et sa compagne.

-« Que se passe t-il Ygræme ? Pourquoi l'emmènent-ils ? Que veulent-ils lui faire ? Tant de peine.. . ».

-« Cette femme est une réprouvée. Elle a été condamnée et doit subir son châtiment. Ils l'ont autorisée à dire adieu à sa famille. Ne la plains pas ».

-« Elle a fait quelque chose de mal ? Elle a l'air si doux » .

-« Elle a osé défier le Feu sombre, pour cela elle doit payer ».

Le petit groupe passa tout près d'elles deux, leur permettant de voir la prisonnière  plus précisément. Elle était calme, malgré sa pâleur, cependant des larmes brillaient, contenues, dans les grands yeux bruns, profonds et chauds.

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Arrivée sur le seuil, elle se retourna, regardant une dernière fois le couple qui avait voulu la retenir, les serviteurs, le palais, comme pour en graver chaque détail dans sa mémoire, et finalement sortit, les hommes à sa suite.

-« Viens »  dit Ygræme,

-« suivons les ».

Elles abandonnèrent le palais, où ne résonnaient plus que les sanglots, sortant à leur tour. A l'extérieur, il faisait de plus en plus froid, la vue ne portait pas à plus de quelques mètres, et devant elles les silhouettes n'étaient déjà plus que des ombres, difficilement discernables dans la pauvre lumière grise.

-« Ygræme, je n'en peux plus. Laisse moi à l'intérieur, J'ai trop froid ».

Celle-ci la prit par le bras, fermement :

-« Tu dois continuer, faire ce que le maître a ordonné. Pense au lac, demande-lui de t'aider ».

Elle ferma les yeux un instant, évoquant l'eau sombre, et se sentit aussitôt mieux, une énergie puissante montant dans sa poitrine. Ygræme la poussa en avant tout en la soutenant. Elles parcoururent ainsi une étendue blanche et grise, suivant des fantômes durant un temps qui lui parut infini.

Une forme gigantesque se dressa tout à coup, si proche qu'elle pensa pouvoir la toucher en étendant le bras. Ce n'était qu'une illusion, il fallait encore marcher, lutter pour avancer, pas à pas. Soulever des jambes de plus en plus lourdes, et respirer dans un tourbillon rugissant.

Le chemin devint raide, serpentant, montant, les rapprochant de parois vertigineuses, faites de blocs d'un blanc sale, enchevêtrés et aux arêtes vives. Les deux femmes gravirent la pente péniblement, à la suite du petit groupe à peine visible dans les bourrasques.

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Borée; la planète des glaces

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 Le froid lui donnait envie de dormir, c'était si loin, si long, ses pieds étaient si douloureux qu'elle aurait voulu pouvoir s'allonger à même le sol, dans le tapis blanc, ramenant son manteau sur son corps, certaine de pouvoir s'assoupir enfin. Mais Ygræme, la main serrée sur son bras, ne la laissait pas s'arrêter, ni même ralentir, la rattrapant lorsqu'elle trébuchait

Les silhouettes disparurent soudain, comme avalées par le néant. Faisant encore quelques pas, elles se trouvèrent devant une brèche qui s'ouvrait comme une blessure dans la paroi de pierres. Malgré son hésitation, Ygræme la poussa en avant, lui faisant franchir l'ouverture. Elles étaient entrées dans un endroit qui lui rappela celui où elle vivait, près du lac, un endroit clos, sécurisant, où il n'y avait pas à avoir peur. Là s'arrêtait la ressemblance, ici les parois étaient blanches, la lumière bleutée.

Il fallait encore progresser le long de passages tortueux, au moins faisait-il moins froid, et c'était si beau ! Les parois s'élançaient à une grande hauteur, des arabesques bleues s'entrelaçant en motifs compliqués sur le fond clair. Des pointes de roche montaient ou descendaient, fines et aiguës. Puis une caverne s'ouvrit devant ses yeux. Par réflexe, elle chercha des yeux le lac  et ses eaux noires.

Une chose curieuse se trouvait là, une sorte de grand coffre, tout en longueur, fermé par un couvercle d'un matériau transparent, entouré de quelques appareils qu'elle ne comprit pas. Elle leva le regard vers Ygræme, mais celle ci fixait intensément ce qui se déroulait à ce moment. Avec une répugnance inexplicable, elle regarda à son tour. Ygræme ne la laissait pas se détourner, pourtant elle ne voulait pas voir, pas savoir.

 

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Un des vieillards souleva le couvercle de l'objet, se penchant à l'intérieur, vérifiant quelque détail, puis se retourna vers la femme. Tous s'inclinèrent profondément, une dernière fois, devant elle, l'aidèrent à s'asseoir puis à s'allonger dans le coffre. Pas une parole ne fut prononcée, pas un pleur ne retentit. Il refermèrent doucement le couvercle, le fixant à l'aide de plusieurs loquets.

Celui qui avait examiné l'intérieur s'activa près des appareils, pressant des boutons, ajustant des cadrans. Un léger souffle se fit entendre alors, régulier, résonnant étrangement entre les parois blanches, se fut tout.

Ils entourèrent encore le coffre, regardant la femme allongée à travers le métal transparent, puis quittèrent la caverne en silence, leurs visages empreints de tristesse et de résignation.

Elles demeurèrent seules, à contempler l'appareil, d'où montait un bruit doux et régulier, troublant seul le silence de glace.

Elle sentit que Ygræme reprenait une respiration pénible, pourquoi était-elle nerveuse à ce point ? Ce n'était pas son habitude. La poussant en avant doucement, celle-ci lui fit franchir les quelques mètres qui les séparaient de l'engin, et elles purent voir la femme, bien visible au travers du cristal qui la protégeait. Elle avait l'air de dormir, les yeux clos, les traits détendus, enveloppée dans son manteau orangé. Ses mains étaient croisées sur sa poitrine, geste ultime de défense, pourtant elle ne semblait pas avoir souffert. Sa peau était devenue comme translucide, avait bleui. Elle paraissait paisible, calme et sereine.

-« Ygræme, quelle tristesse ! »

-« N'oublie pas ce que je t'ai dit. Cette femme a voulu défier la puissance du Feu sombre, et devait être punie pour ce forfait ».

 

 

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Le petit groupe passa tout près d'elles deux, leur permettant de voir la prisonnière  plus précisément. Elle était calme, malgré sa pâleur, cependant des larmes brillaient, contenues, dans les grands yeux bruns, profonds et chauds.
Arrivée sur le seuil, elle se retourna, regardant une dernière fois le couple qui avait voulu la retenir, les serviteurs, le palais, comme pour en graver chaque détail dans sa mémoire, et finalement sortit, les hommes à sa suite.

-« Viens »  dit Ygræme,
-« suivons les ».

Elles abandonnèrent le palais, où ne résonnaient plus que les sanglots, sortant à leur tour. A l'extérieur, il faisait de plus en plus froid, la vue ne portait pas à plus de quelques mètres, et devant elles les silhouettes n'étaient déjà plus que des ombres, difficilement discernables dans la pauvre lumière grise.

-« Ygræme, je n'en peux plus. Laisse moi à l'intérieur, J'ai trop froid ».

Celle-ci la prit par le bras, fermement :
-« Tu dois continuer, faire ce que le maître a ordonné. Pense au lac, demande-lui de t'aider ».

Elle ferma les yeux un instant, évoquant l'eau sombre, et se sentit aussitôt mieux, une énergie puissante montant dans sa poitrine. Ygræme la poussa en avant tout en la soutenant. Elles parcoururent ainsi une étendue blanche et grise, suivant des fantômes durant un temps qui lui parut infini.
Une forme gigantesque se dressa tout à coup, si proche qu'elle pensa pouvoir la toucher en étendant le bras. Ce n'était qu'une illusion, il fallait encore marcher, lutter pour avancer, pas à pas. Soulever des jambes de plus en plus lourdes, et respirer dans un tourbillon rugissant.

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